L’animisme : comprendre simplement une autre manière de voir le monde
L’animisme est souvent présenté comme une croyance ancienne, lointaine ou mystérieuse. Pourtant, derrière ce terme se trouve une idée assez simple : l’être humain n’existe pas séparément du monde qui l’entoure, mais à travers les relations qu’il entretient avec lui.
L’animisme désigne un ensemble de conceptions dans lesquelles des êtres, des éléments naturels, des lieux ou certains phénomènes peuvent être considérés comme dotés d’une intériorité, d’une présence ou d’une capacité d’action. Il place ainsi la relation entre les humains et leur environnement au cœur de la manière de comprendre le monde.
L’animisme en quelques mots
- Il existe sous des formes très différentes selon les peuples et les cultures.
- Il ne constitue pas une religion unique avec un dogme universel.
- La nature n’y est pas nécessairement considérée comme un simple ensemble de ressources.
- Humains, animaux, plantes, lieux ou éléments peuvent être pensés à travers les relations qui les unissent.
- Des conceptions animistes existent encore aujourd’hui dans différentes sociétés.
Qu’est-ce que l’animisme ?
Le mot « animisme » recouvre des réalités beaucoup plus diverses qu’une simple croyance selon laquelle « tout aurait une âme ». Cette formule, souvent utilisée pour le résumer, est pratique mais réductrice.
Dans différentes conceptions qualifiées d’animistes, le monde n’est pas uniquement constitué d’objets passifs autour d’un être humain qui en serait le centre. Des animaux, des plantes, des lieux, des éléments naturels ou certaines entités peuvent être envisagés comme des partenaires de relation.
Une rivière davantage qu’une réserve d’eau.
Un lieu davantage qu’un espace à occuper.
Ce qui change fondamentalement est donc la place que l’humain s’attribue dans le monde. Il n’est plus nécessairement celui qui observe tout de l’extérieur : il appartient lui-même à un réseau de relations et d’interdépendances.
L’animisme est-il une religion ?
Il serait plus juste de dire qu’il n’existe pas une religion animiste unique. Le terme « animisme » a été utilisé en anthropologie pour décrire des conceptions du monde très différentes les unes des autres.
Selon les cultures concernées, ces conceptions peuvent être associées à des récits, des pratiques, des rites, des esprits, des ancêtres ou des traditions religieuses. Il serait donc inexact d’affirmer que l’animisme exclut nécessairement toute croyance ou tout rituel.
Ce qui les rapproche est davantage une certaine manière d’envisager les relations entre humains et non-humains qu’un ensemble de règles communes à respecter.
Que signifie « pensée animiste » ?
La pensée animiste remet en question une séparation qui nous semble aujourd’hui presque évidente : d’un côté l’être humain, de l’autre « la nature ».
Dans une perspective animiste, cette frontière peut être beaucoup moins nette. L’humain fait partie du vivant et entretient avec ce qui l’entoure des relations qui ne sont pas uniquement utilitaires.
Relation
Le monde se comprend à travers les liens entre les êtres, les lieux et leur environnement.
Interdépendance
L’être humain dépend de systèmes vivants auxquels il appartient lui-même.
Attention
Observer ce qui nous entoure modifie la manière dont nous habitons et utilisons notre environnement.
Pourquoi parle-t-on encore d’animisme aujourd’hui ?
L’intérêt contemporain pour l’animisme s’inscrit notamment dans des réflexions anthropologiques, philosophiques et écologiques sur notre rapport au vivant.
Repenser notre rapport à la nature
Nos sociétés industrielles ont largement développé une représentation de la nature comme ensemble de ressources disponibles. Les conceptions animistes interrogent cette séparation entre celui qui exploite et ce qui est exploité.
Interroger notre place dans le vivant
Penser en termes d’interdépendance conduit à une question très actuelle : sommes-nous réellement séparés de ce dont dépend notre existence ?
Retrouver une qualité d’attention
Sans adopter une croyance particulière, cette réflexion peut également nous amener à observer davantage nos environnements, leurs rythmes et la façon dont nous interagissons avec eux.
Peut-on s’inspirer de cette vision au quotidien ?
Il n’est pas nécessaire de se déclarer « animiste » pour s'interroger sur certaines idées qu'elle soulève.
- prendre soin d’un lieu plutôt que simplement l’utiliser ;
- observer davantage les environnements dans lesquels nous vivons ;
- respecter davantage les rythmes du vivant ;
- considérer les conséquences de nos choix au-delà de notre intérêt immédiat ;
- retrouver une relation moins exclusivement utilitaire à ce qui nous entoure.
Ce sont des gestes simples, mais ils posent une question de fond : quelle relation voulons-nous entretenir avec le monde dont nous faisons partie ?
Animisme et psychologie : attention aux raccourcis
L’attachement aux lieux, l’influence de certains environnements sur le bien-être ou encore les effets du contact avec la nature sont étudiés en psychologie environnementale.
Cela ne signifie cependant pas que la psychologie « prouve » l’animisme. Ce sont deux cadres différents. La psychologie peut étudier notre relation subjective et comportementale à l’environnement ; l’animisme relève de conceptions culturelles et ontologiques beaucoup plus larges.
Le rapprochement peut être intéressant pour réfléchir à notre rapport au vivant, à condition de ne pas confondre les deux.
Peut-on avoir une sensibilité animiste en ville ?
La réflexion ne suppose pas nécessairement de vivre au milieu d’une forêt. Une ville possède elle aussi des arbres, des oiseaux, des saisons, des sols, de l’eau, des espaces habités et tout un ensemble d’interactions entre humains et non-humains.
Il s’agit moins de changer radicalement de vie que de modifier la qualité du regard porté sur ce qui nous entoure.
L’animisme, en résumé
L’animisme ne désigne pas une doctrine unique. Il rassemble différentes manières de concevoir un monde dans lequel les humains ne sont pas nécessairement séparés ou supérieurs à tout ce qui les entoure.
Et c’est peut-être ce qui explique qu’une notion aussi ancienne continue à nous interpeller : elle nous oblige à réfléchir à la place que nous choisissons d’occuper dans le vivant.
Envie d’aller plus loin ?
Dans « Chemins spirituels oubliés », je poursuis cette exploration du rapport au vivant et de différentes visions anciennes du monde dans une approche accessible et non dogmatique.
Questions fréquentes sur l’animisme
Quelle est la définition simple de l’animisme ?
L’animisme désigne différentes conceptions du monde dans lesquelles certains animaux, végétaux, lieux, phénomènes ou éléments peuvent être considérés comme possédant une intériorité, une présence ou une capacité d’action. Il accorde une place centrale aux relations entre humains et non-humains.
Qui est le dieu des animistes ?
Il n’existe pas de « dieu des animistes » commun à toutes les cultures concernées. Les traditions qualifiées d’animistes sont très diverses. Certaines reconnaissent des esprits, des ancêtres ou différentes entités, parfois parallèlement à d’autres croyances religieuses.
Quels sont les principes de l’animisme ?
Il n’existe pas de liste universelle de principes. On retrouve néanmoins dans différentes conceptions animistes une importance particulière accordée aux relations entre humains et non-humains, ainsi qu’à la manière dont certains êtres, lieux ou éléments sont considérés comme des sujets plutôt que comme de simples objets.
Qu’est-ce que la pensée animiste ?
La pensée animiste remet notamment en question une séparation absolue entre l’être humain et son environnement. Selon les cultures, les relations avec les animaux, les plantes, les lieux, les ancêtres ou d’autres entités peuvent occuper une place fondamentale dans la compréhension du monde.
Quels peuples sont animistes ?
Des conceptions qualifiées d’animistes ont été décrites par les anthropologues dans différentes sociétés d’Amazonie, d’Afrique, d’Asie, de Sibérie, d’Océanie ou d’Amérique du Nord. Il faut toutefois éviter de regrouper ces peuples sous une culture unique : leurs traditions, leurs cosmologies et leurs pratiques peuvent être profondément différentes.