Disputes entre frères et sœurs : comment les aider à se réconcilier sans décider à leur place ?

Les disputes entre frères et sœurs font partie de la vie de famille. Mais comment les aider à se réconcilier sans prendre parti, imposer une solution ou décider à leur place ? Voici des pistes concrètes pour les accompagner vers l’écoute et la recherche de leurs propres solutions.

FRÈRES & SŒURS • CONFLITS DU QUOTIDIEN

Une dispute éclate, les voix montent et chacun est persuadé d’avoir raison. Et si, au lieu de chercher immédiatement « qui a commencé ? », on aidait progressivement les enfants à comprendre ce qui s’est passé et à chercher eux-mêmes comment avancer ?

Le Chemin de la Réconciliation, support éducatif pour accompagner les disputes entre frères et sœurs

« C’est lui qui a commencé ! »

« Elle l’a fait exprès ! »

« Ce n’est pas juste ! »

Dans une fratrie, il suffit parfois de peu pour que la situation s’enflamme : un jouet emprunté sans demander, une place convoitée, une règle de jeu contestée, une remarque mal comprise ou simplement la sensation que l’autre a eu quelque chose que l’on n’a pas eu.

Pour l’adulte, le réflexe est souvent de chercher rapidement une issue : comprendre qui a commencé, rendre l’objet, demander des excuses et rétablir le calme.

Cela peut arrêter la dispute. Mais arrêter une dispute et apprendre à la résoudre sont deux choses différentes.

Pourquoi les disputes entre frères et sœurs prennent-elles parfois autant de place ?

Frères et sœurs partagent énormément de choses : les parents, l’espace de vie, les règles de la maison, certains objets et l’attention des adultes. Pourtant, ils n’ont pas nécessairement les mêmes envies ni les mêmes besoins au même moment.

L’un veut jouer quand l’autre voudrait être tranquille. L’un plaisante alors que l’autre se sent blessé. L’un veut récupérer immédiatement son jouet tandis que l’autre estime qu’il n’a pas encore terminé.

Derrière un conflit apparemment banal peuvent alors se cacher de la colère, de la frustration, de la tristesse, de la jalousie, un sentiment d’injustice ou encore un besoin d’attention, de calme ou d’écoute.

Lorsqu’une émotion prend toute la place, demander immédiatement « Pourquoi tu as fait ça ? » n’est pas toujours la question qui permettra à l’enfant de comprendre ce qu’il vient de vivre.

Première étape : ne pas chercher une solution en pleine tempête

Lorsqu’un enfant est très en colère, l’objectif immédiat n’est pas forcément de résoudre le conflit. Il faut parfois commencer beaucoup plus simplement : s’arrêter.

Faire une pause avant de crier. S’arrêter avant de taper. Prendre quelques instants avant de partir sous le coup de la colère.

Créer un petit espace entre l’émotion et la réaction peut déjà modifier la suite de la situation.

L’objectif n’est pas d’apprendre à l’enfant à ne plus ressentir de colère. La colère existe. Il s’agit plutôt de l’aider progressivement à reconnaître ce qui se passe en lui et à choisir ce qu’il va en faire.

Carte Avant de partir en colère du Chemin de la Réconciliation

Derrière « il m’énerve », il y a souvent autre chose

Une fois que le calme commence à revenir, une question peut complètement modifier la conversation :

« Qu’est-ce qui t’a blessé ? »

Cette question n’est pas tout à fait la même que « Qu’est-ce qu’il a fait ? ». Elle invite l’enfant à regarder ce qui s’est passé en lui.

Peut-être s’est-il senti exclu. Peut-être pensait-il que c’était enfin son tour. Peut-être qu’une remarque l’a blessé. Peut-être avait-il besoin qu’on l’écoute.

Un enfant peut parfaitement savoir qu’il est furieux sans encore parvenir à expliquer ce qui l’a mis dans cet état. L’aider à identifier son émotion, puis son besoin, lui donne progressivement des mots là où il n’y avait parfois jusque-là qu’une réaction.

Plusieurs cartes du Chemin de la Réconciliation pour accompagner les conflits entre enfants

Se réconcilier ne signifie pas donner raison à l’autre

C’est une nuance importante à transmettre aux enfants.

Écouter l’autre ne signifie pas reconnaître qu’il avait raison. Comprendre son point de vue ne signifie pas abandonner le sien.

« Comprendre n’est pas être d’accord. C’est essayer de voir avec les yeux de l’autre. »

Un enfant peut donc comprendre pourquoi son frère ou sa sœur était en colère tout en expliquant qu’il n’a pas aimé la manière dont cette colère a été exprimée.

On quitte alors progressivement la logique du « qui a raison ? » pour entrer dans une autre dynamique : comprendre comment chacun a vécu la même situation.

Carte Quelle solution pourrait nous convenir à tous les deux du Chemin de la Réconciliation

Et si les enfants cherchaient eux-mêmes la solution ?

C’est à ce moment que le rôle de l’adulte peut évoluer.

Plutôt que de décider systématiquement « tu lui rends son jouet » ou « maintenant, tu t’excuses », une autre question devient possible :

« Quelle solution pourrait vous convenir à tous les deux ? »

Un tour de rôle, un compromis, quelques minutes chacun, une nouvelle règle ou une autre façon de jouer : les enfants peuvent eux aussi participer à la recherche de la solution.

Et cette solution n’a pas besoin d’être parfaite du premier coup. Elle peut être testée, puis ajustée.

Le « pas encore » peut d’ailleurs être aussi intéressant que le « oui » : une solution qui ne fonctionne pas n’empêche pas d’en chercher une autre.

Le but n’est pas d’avoir des enfants qui ne se disputent plus

Imaginer une fratrie dans laquelle aucun conflit n’apparaîtrait jamais serait probablement assez éloigné de la réalité quotidienne.

L’enjeu peut être beaucoup plus concret : donner progressivement aux enfants des repères qu’ils pourront retrouver lorsqu’un désaccord survient.

1 Je m’arrête. Avant que la réaction prenne toute la place.
2 Je respire. Je laisse redescendre un peu l’intensité.
3 Je cherche ce que je ressens. Je mets progressivement des mots sur mon émotion.
4 Je découvre ce dont j’ai besoin. Je cherche ce qui aurait pu m’aider.
5 J’écoute l’autre. Comprendre son point de vue ne signifie pas forcément être d’accord.
6 Nous cherchons une solution. Chacun peut participer et proposer une idée.
7 Nous repartons ensemble. Une dispute ne signifie pas que la relation est cassée.

Valoriser aussi ce qui s’est passé après la dispute

Lorsque deux enfants ont réussi à se calmer, à s’écouter ou à trouver une solution, il peut être intéressant de mettre en lumière ce qu’ils viennent de réussir.

Pas uniquement le fait que « la dispute est terminée », mais les compétences qu’ils ont mobilisées : parler sans crier, écouter, expliquer ce qu’ils ressentaient, chercher un compromis ou accepter d’essayer une nouvelle solution.

Petit à petit, le conflit peut ainsi devenir aussi une occasion d’apprendre à mieux se comprendre.

Carte Félicitations Bravo nous avons réussi du Chemin de la Réconciliation
Présentation du coffret Le Chemin de la Réconciliation

Un chemin plutôt qu’une leçon

C’est de cette idée qu’est né Le Chemin de la Réconciliation, un support éducatif conçu pour accompagner les enfants lorsqu’un conflit apparaît entre frères et sœurs.

Il ne cherche ni à désigner le « gentil » et le « méchant », ni à imposer des excuses alors que la colère est encore présente.

Les cartes proposent plutôt un parcours visuel : faire une pause, comprendre ce qui a blessé, reconnaître ses émotions et ses besoins, exprimer ce que l’on voudrait que l’autre comprenne, écouter son point de vue, chercher une solution puis essayer de repartir ensemble.

Le coffret comprend 13 cartes de parcours + 1 carte repère récapitulative, au format A5 plastifié, ainsi qu’un chevalet.

Envie de découvrir le Chemin de la Réconciliation ?

Vous pouvez d’abord découvrir son fonctionnement, les différentes étapes du parcours et la manière de l’utiliser avec les enfants, ou accéder directement au coffret.

Le Chemin de la Réconciliation est un support éducatif destiné à accompagner les échanges et la résolution des conflits du quotidien entre enfants. Il ne constitue pas une thérapie et ne remplace pas l’accompagnement d’un professionnel lorsque la situation le nécessite.

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