Les disputes entre frères et sœurs font partie de la vie de famille. Elles peuvent être épuisantes pour les parents, mais elles peuvent aussi devenir des occasions d'apprendre à reconnaître ses émotions, exprimer ses besoins, écouter l'autre et chercher des solutions ensemble.
« Arrêtez de vous disputer ! » « Laisse ton frère tranquille. » « Va dans ta chambre. » « C'est toujours pareil avec vous ! »
Lorsque les tensions éclatent plusieurs fois dans la même journée, il est compréhensible que les adultes finissent par manquer de patience.
Pourtant, derrière une dispute se cache rarement uniquement un désaccord sur un jouet, une place sur le canapé ou le dernier morceau de gâteau.
Le conflit peut aussi exprimer une frustration, un sentiment d'injustice, une émotion difficile à identifier ou un besoin que l'enfant ne sait pas encore formuler.
L'objectif n'est donc pas d'obtenir une maison dans laquelle les enfants ne se disputent jamais. Il est de leur donner progressivement davantage de repères lorsqu'un désaccord survient.
Un objet emprunté sans demander. Une place dans la voiture. Une porte laissée ouverte. Un tour que l'on estime avoir attendu trop longtemps. Pour l'adulte, le déclencheur peut parfois sembler minuscule.
Pour l'enfant, la situation peut pourtant toucher à quelque chose de beaucoup plus important : sa place, son besoin d'être entendu, son sentiment de justice ou simplement sa capacité du moment à supporter une frustration supplémentaire.
La notion de justice revient fréquemment dans les conflits entre enfants. L'un estime avoir attendu davantage, l'autre pense que son frère ou sa sœur bénéficie de plus de liberté ou d'attention.
Être juste ne signifie pourtant pas nécessairement donner exactement la même chose à chaque enfant au même moment. Les âges, les besoins et les responsabilités peuvent être différents.
Le sentiment d'injustice, lui, peut néanmoins être bien réel. Avant de chercher à convaincre l'enfant qu'il se trompe, il peut être utile de comprendre ce qu'il vit.
La jalousie ne signifie pas nécessairement qu'un enfant n'aime pas son frère ou sa sœur. Elle peut aussi traduire une inquiétude autour de sa place : « Est-ce que je compte autant ? », « Pourquoi lui et pas moi ? »
L'enjeu n'est pas de faire disparaître cette émotion, mais de permettre progressivement à l'enfant de la reconnaître et de comprendre ce qu'elle vient exprimer.
L'un veut jouer. L'autre veut être tranquille. L'une veut récupérer son objet immédiatement. L'autre voudrait terminer ce qu'elle est en train de faire.
Il n'y a pas nécessairement un « méchant » dans l'histoire. Il peut simplement y avoir deux réalités qui se rencontrent.
Après une journée chargée en sollicitations, la capacité à supporter une nouvelle frustration peut être plus faible. Une situation tolérée facilement à un autre moment peut alors provoquer une réaction beaucoup plus intense.
L'un peut se sentir blessé alors que l'autre pensait plaisanter. L'un peut avoir l'impression qu'on lui prend quelque chose alors que l'autre croyait avoir obtenu l'autorisation.
Lorsqu'une dispute éclate pour la troisième fois de la journée, notre première priorité est souvent très simple : que cela s'arrête.
Interrompre la situation peut d'ailleurs être indispensable lorsque les enfants risquent de se faire mal.
Mais une fois le calme revenu, une autre question devient intéressante :
Arrêter un conflit et apprendre à résoudre un conflit sont deux choses différentes.
Cette question transforme rapidement la discussion en enquête : « C'est lui ! », « Non, c'est elle ! », « Oui, mais hier il avait déjà… »
Comprendre les faits peut être nécessaire. Mais désigner celui qui a commencé ne permet pas toujours de comprendre ce qui a conduit chacun à réagir.
Certains comportements nécessitent évidemment une limite claire. Frapper, insulter ou volontairement abîmer les affaires de l'autre n'a pas à être accepté.
« Dis pardon à ta sœur. »
Le mot peut être prononcé avec les bras croisés et une conviction proche de zéro. Il a été dit ; la relation, elle, n'est pas nécessairement réparée.
Des excuses peuvent avoir du sens lorsque l'enfant comprend ce qui a blessé l'autre. Mais réparer peut aussi signifier remercier pour l'écoute, rejouer ensemble, tourner la page ou se rapprocher lorsque les deux enfants le souhaitent.
Parfois, l'adulte doit décider. Mais lorsque la situation le permet, demander « Qu'est-ce qui pourrait vous aider tous les deux ? » permet aux enfants de participer progressivement à la recherche de la solution.
Une discussion constructive devient difficile lorsque les enfants sont encore en train de crier, pleurer ou se provoquer.
Puisqu'elles font partie de la vie entre frères et sœurs, les disputes peuvent aussi devenir des situations dans lesquelles certaines compétences relationnelles sont progressivement travaillées.
Introduire une petite pause entre l'émotion et la réaction est déjà un apprentissage important. Au départ, cette pause sera souvent proposée par l'adulte ; avec le temps, l'enfant pourra commencer à reconnaître lui-même certains signaux.
Passer de « Il m'énerve ! » à « Je n'ai pas aimé quand tu as fait ça » permet de préciser ce qui s'est réellement passé pour l'enfant.
Une dispute ne provoque pas uniquement de la colère. Il peut aussi y avoir de la tristesse, de la frustration, de la jalousie ou plusieurs émotions simultanément.
« De quoi aurais-je eu besoin ? » permet progressivement de passer du reproche à quelque chose qui peut être exprimé ou demandé.
L'enfant peut apprendre à parler davantage de son expérience et moins à attaquer l'autre.
Résoudre un conflit ne signifie pas nécessairement que chacun obtient exactement ce qu'il voulait au départ. Il s'agit de rechercher une issue dans laquelle chacun peut être entendu et respecté.
Écouter ne signifie pas renoncer à son propre point de vue. L'enfant peut apprendre à comprendre ce que l'autre a vécu sans être obligé d'être d'accord avec lui.
Une idée peut fonctionner, fonctionner un peu… ou ne pas fonctionner. Dans ce dernier cas, une autre peut simplement être essayée.
Dire pardon peut en faire partie, mais ce n'est pas la seule possibilité. Rejouer ensemble, remercier l'autre de nous avoir écouté ou simplement tourner la page peuvent aussi avoir du sens selon la situation.
Réussir à revenir parler après avoir crié, écouter un peu plus longtemps ou proposer une première solution sont déjà des évolutions qui peuvent être remarquées.
C'est autour de cette progression qu'a été créé Le Chemin de la Réconciliation.
Au lieu de demander à l'enfant de tout comprendre et de trouver immédiatement une solution, le parcours décompose la situation en étapes plus accessibles.
Le coffret comprend 13 cartes illustrées et une fiche récapitulative, soit 14 supports au total.
Trois cartes correspondent à des moments très concrets : « Avant de crier », « Avant de taper » et « Avant de partir en colère ».
Elles invitent d'abord l'enfant à interrompre l'escalade, respirer et observer ce qui se passe en lui.
Une fois suffisamment disponible, l'enfant peut explorer plusieurs questions : « Qu'est-ce qui m'a blessé(e) ? », « Qu'est-ce que je ressens ? », « De quoi aurais-je eu besoin ? » et « Qu'est-ce que je voudrais que l'autre comprenne ? »
La question devient alors : « Quelle solution pourrait nous convenir à tous les deux ? »
Parler calmement, attendre chacun son tour, faire un compromis ou essayer une idée deviennent différentes possibilités.
Présenter des excuses si l'on pense avoir blessé l'autre, remercier pour l'écoute, rejouer ensemble, tourner la page ou faire un câlin lorsque les deux enfants en ont envie sont plusieurs manières possibles d'avancer.
Une carte supplémentaire invite l'enfant à se demander s'il est prêt à écouter et à essayer de comprendre ce que l'autre a vécu.
La carte défi permet d'essayer une idée puis d'observer : « Oui », « Un peu » ou « Pas encore ». Si elle ne fonctionne pas, une autre peut être recherchée.
La carte de félicitations permet de remarquer les progrès : s'être calmé, avoir écouté, avoir parlé sans crier ou avoir participé à la recherche d'une solution.
La quatorzième fiche permet de retrouver les grandes étapes du cheminement plus facilement et de visualiser où les enfants en sont.
Un petit chevalet est offert avec le coffret. La carte utilisée peut être posée dessus afin que la question reste visible pendant l'échange.
Imaginons une situation simple.
Sacha prend sans demander quelque chose que Zoé était en train d'utiliser. Zoé se met en colère :
« Rends-moi ça ! »
Sacha refuse. Le ton monte et, en quelques secondes, le problème initial commence déjà à disparaître derrière les cris et les reproches.
Si Zoé est sur le point de crier ou si Sacha commence à avoir un geste brusque, une carte « STOP » peut être utilisée.
Pas pour leur demander de devenir calmes instantanément. Simplement pour introduire une pause.
Lorsque Zoé est disponible pour parler, elle peut essayer de préciser ce qui s'est passé pour elle.
Peut-être ne dira-t-elle plus seulement « Il a pris mon truc », mais : « J'étais en train de l'utiliser et il l'a pris sans me demander. »
Elle commence ainsi à identifier plus précisément ce qui l'a contrariée.
Zoé peut être en colère. Mais elle peut aussi être frustrée, blessée ou ressentir plusieurs émotions en même temps.
Elle pourrait répondre : « Qu'il me demande avant de le prendre » ou « Qu'il attende que j'aie terminé ».
La conversation commence alors à passer du reproche vers ce dont l'enfant aurait eu besoin dans la situation.
Sacha doit lui aussi pouvoir raconter ce qu'il a vécu.
Peut-être pensait-il que Zoé avait terminé. Peut-être attendait-il depuis un moment. Peut-être a-t-il simplement agi trop vite.
Nous ne le savons pas tant qu'il n'a pas pu l'expliquer.
Zoé pourra peut-être formuler : « Je voudrais que tu me demandes avant de prendre quelque chose que j'utilise. »
Sacha pourra lui aussi expliquer ce qu'il aimerait qu'elle comprenne.
Plutôt que de décider immédiatement à leur place, l'adulte peut, lorsque la situation le permet, demander :
Attendre son tour, utiliser l'objet ensemble ou trouver une autre organisation deviennent différentes possibilités.
Alors ils peuvent en essayer une autre.
Une solution qui ne fonctionne pas n'oblige pas à reprendre toute la discussion depuis le début.
Non.
Et il n'est heureusement pas nécessaire de sortir treize cartes chaque fois qu'un enfant prend le feutre de son frère.
Certaines disputes seront réglées rapidement. Pour d'autres, une seule carte pourra suffire. Il y aura aussi des moments où l'un des enfants n'aura aucune envie de parler.
Chaque fratrie possède sa propre dynamique : des enfants proches en âge, des tempéraments très différents, plusieurs années d'écart ou encore des familles recomposées.
Les questions du parcours portent avant tout sur ce que chacun a vécu, ressenti, compris et sur la manière de rechercher une solution.
Le parcours peut être utilisé dans ces différentes configurations. Les questions ne reposent pas sur le fait d'être un garçon ou une fille.
Deux enfants d'âges différents n'auront pas nécessairement la même capacité à expliquer leur ressenti.
L'un pourra développer longuement sa réponse tandis qu'un autre utilisera quelques mots seulement. L'adulte peut adapter les questions et le nombre d'étapes utilisées.
Certains enfants répondent facilement. D'autres disent souvent : « Je ne sais pas. »
Ils peuvent réellement ne pas encore savoir comment expliquer ce qui se passe en eux. Une illustration ou une question peut alors simplement servir de point de départ.
C'est justement pour cela que le parcours commence par des cartes « STOP » plutôt que par une longue analyse de la situation.
Le support ne garantit évidemment pas qu'un enfant interrompra sa réaction grâce à une carte. Il propose un repère qui pourra être retrouvé au fil des situations.
Alors on ne transforme pas la réconciliation en nouvelle dispute.
Le support peut être proposé plus tard ou ne pas être utilisé cette fois-ci. Une carte est un outil proposé à l'enfant, pas une obligation de parler.
Non. Certaines étapes peuvent d'abord être abordées séparément : ce qui a blessé chacun, son émotion, son besoin ou ce qu'il souhaite exprimer.
L'écoute mutuelle et la recherche d'une solution pourront venir lorsque les deux enfants seront davantage disponibles.
Les questions étant centrées sur la situation vécue et la communication entre les enfants, elles ne nécessitent pas de lien biologique entre eux.
Oui, dans le cadre familial, par exemple lorsque plusieurs petits-enfants passent régulièrement du temps ensemble.
Le parcours a été pensé en premier lieu autour d'un conflit entre deux enfants. Dans une fratrie plus nombreuse, il peut être utilisé lorsque le désaccord concerne principalement deux d'entre eux.
Derrière une dispute, il n'y a pas toujours seulement de la colère.
Il peut également y avoir de la frustration, de la jalousie, de la tristesse, de l'inquiétude, de la gêne ou plusieurs émotions qui se mélangent.
« Je suis énervé » est parfois le premier mot qui arrive.
Mais derrière cet énervement, l'enfant peut progressivement découvrir quelque chose de plus précis : de la frustration, de la tristesse, de la jalousie, de l'inquiétude ou un sentiment de solitude.
C'est autour de cette découverte qu'a été créé l'univers Les émotions de Gargabouille.
Gargabouille accompagne les enfants dans la découverte et l'expression de différentes émotions à travers des supports illustrés.
Joie, colère, tristesse, peur, frustration, inquiétude, solitude, jalousie, gêne ou fierté deviennent des points de départ possibles pour mettre des mots sur ce que l'enfant ressent.
Les émotions de Gargabouille permettent d'explorer plus largement la reconnaissance et l'expression des émotions.
Le Chemin de la Réconciliation est spécifiquement centré sur les conflits entre enfants.
Les deux supports peuvent être utilisés indépendamment ou se compléter.
Lorsqu'un enfant risque de faire mal à l'autre, la priorité est d'interrompre la situation et de poser la limite nécessaire.
Le parcours comporte une carte « Avant de taper » qui pourra ensuite servir de support lorsque l'enfant sera suffisamment disponible pour revenir sur ce qui s'est passé.
Non. Le coffret comprend 13 cartes et une fiche récapitulative, mais une seule carte peut parfois suffire.
Le chevalet offert permet de poser la carte choisie afin que sa question reste visible pendant l'échange.
L'utilisation dépend de la capacité de l'enfant à comprendre les questions et à participer, même simplement, à l'échange. Avec les plus jeunes, l'adulte pourra davantage lire et reformuler.
Oui. Elles peuvent être utilisées avec deux frères, deux sœurs ou un frère et une sœur.
Les cartes proposent des questions autour du ressenti, des émotions, des besoins et de l'expression.
Elles peuvent être proposées à un enfant qui vit certaines émotions très intensément, mais le coffret n'a pas été conçu comme un dispositif médical ou thérapeutique spécifique à l'hypersensibilité.
Les premières cartes proposent un repère autour de la pause avant de crier, taper ou partir en colère.
Le coffret ne constitue toutefois pas une prise en charge de l'impulsivité et ne garantit pas qu'un enfant interrompra une réaction grâce à une carte.
Il peut avoir besoin de temps ou ne pas encore trouver les mots. L'adulte peut simplifier la question ou revenir sur la situation plus tard.
Le parcours ne repose pas sur des excuses obligatoires. Dire pardon peut être une manière de réparer lorsque l'enfant comprend avoir blessé l'autre, mais ce n'est pas la seule possibilité.
L'adulte peut naturellement les aider. Accompagner progressivement leur autonomie ne signifie pas les laisser seuls face à un problème qu'ils ne savent pas encore résoudre.
Gargabouille est centré plus largement sur la découverte et l'expression des émotions. Le Chemin de la Réconciliation est centré sur les conflits entre enfants. Les deux peuvent être utilisés indépendamment.
Le coffret présenté ici est destiné à un usage familial.
L'utilisation dans un cadre professionnel relève des conditions prévues pour l'usage professionnel et la licence correspondante.
Non.
Le Chemin de la Réconciliation est un support éducatif destiné à accompagner les échanges entre enfants et adultes autour des émotions, des besoins, de la communication, de l'écoute et de la recherche de solutions lors des conflits du quotidien.
Il ne constitue ni une thérapie, ni un outil de diagnostic, ni un traitement.
Non, et ce n'est pas la promesse du coffret.
Les désaccords font partie des relations humaines. Les cartes proposent des repères pour accompagner les enfants lorsqu'un conflit survient.
Si votre enfant a besoin de davantage de repères pour identifier, nommer et exprimer ses émotions, vous pouvez également découvrir Les émotions de Gargabouille.
Une version physique prête à être utilisée à la maison pour accompagner l'enfant dans la découverte et l'expression de ses émotions.
Pour disposer directement des supports, sans impression ni préparation.
Découvrir le coffret GargabouilleLa version numérique permet de recevoir les supports au format PDF et de les imprimer soi-même.
Pour les familles qui préfèrent préparer leurs supports à la maison.
Découvrir la version PDFUne version préparée spécialement pour l'enfant, avec des éléments personnalisés à son prénom.
Pour lui proposer un univers émotionnel qui lui est directement adressé.
Découvrir le coffret personnaliséUn support concret pour les conflits du quotidien
Vous aimeriez disposer de ces repères à la maison pour accompagner vos enfants lorsqu'une dispute devient difficile à démêler ?
Le Chemin de la Réconciliation transforme les différentes étapes découvertes dans ce guide en supports illustrés que l'enfant et l'adulte peuvent retrouver au moment où ils en ont besoin.
Soit 14 supports pour accompagner les différentes étapes du conflit.
Les cartes ne disent pas à l'enfant ce qu'il doit ressentir, penser ou répondre.
Elles lui proposent des questions et des repères pour l'aider à trouver progressivement ses propres mots et participer à la recherche d'une solution.
Usage familial.
Le Chemin de la Réconciliation est un support éducatif destiné à accompagner les échanges autour des conflits du quotidien. Il ne constitue ni une thérapie, ni un outil de diagnostic, ni un traitement et ne remplace pas l'accompagnement d'un professionnel lorsque celui-ci est nécessaire.